infos.mediabanniereLe 24 mars 2016 a été lancé le portail de médias indépendants www.infos.media. C’est encore un work-in-progress et plusieurs améliorations techniques restent à faire, mais ils ont réussi avec très peu de moyen mais beaucoup de persévérance à créer l’agrégateur dont j’avais jeté ici l’ébauche au printemps 2014 avec encore moins de moyens (c’est dire !). L’élément clé permettant à www.infos.media de fonctionner en grande partie automatiquement vient d’une application permettant d’afficher en temps réel sur la page d’accueil du site les articles publiés sur chacun des sites des médias partenaires.

REZOMEDIA.INFO a donc inauguré le 9 juin 2016 un nouveau type de billet : des petits « collages » de commentaires et d’analyses montrant l’effet toxique des grands médias sur nos sociétés. Et ce, toujours inspiré des meilleurs articles que diffusent mes camarades sur FaceBigBrother. Quelque chose qui se veut donc un peu plus consistant et espacé de quelques jours, question de prendre un peu de recul mais en restant quand même dans l’actualité. Quelque chose aussi qui pourra être syndiqué sur www.infos.media, LE portail des médias indépendants du Québec. Parce qu’il y a des alternatives aux discours dominants des médias de masse. À nous de les produire et de les diffuser !

De sacrifices humains et autres petits dommages collatéraux de la politique politicenne

14021568_10154269732745708_8773087801715404850_nIl y a longtemps, des peuples primitifs sacrifiaient d’innocentes victimes pour plaire aux dieux et tenter d’éviter les épidémies, les tempêtes et autres fléaux naturels dont ils ne comprenaient pas l’origine. Les temps ont bien changé, me direz-vous, avec les Lumières, les progrès de la science et Charles Tisseyre… Mais ont-ils tant changé que ça ? N’y aurait-il pas encore quelques grands prêtres imbus de pouvoir, pas si ignorant que ça des causes réelles des maux qui nous affligent, mais d’un narcissisme et d’une cupidité sans nom qui leur permet d’accréditer même de nos jours les pratiques barbares des sacrifices humains ?

Si je pose la question, c’est bien sûr parce que la réponse est oui (et je ne suis pas le seul). Et je peux même vous donner un exemple : le maire de Montréal. D’accord, l’accusation est grave et demande quelques faits pour l’appuyer. En voici. À Montréal, comme le montre bien les cartes produites par le Dr. Patrick Morency de la Direction de la santé publique de Montréal, la plupart des piétons et des cyclistes blessés ou tués par des automobilistes (car c’est bien le type de sacrifices humains dont on parle ici) le sont aux intersections des grandes artères comme Papineau, St-Denis, Du Parc, Sherbrooke, etc. (je prends l’exemple du Plateau où j’habite).

Or il importe de rappeler deux choses ici. D’une part, que les rues dites artérielles de la ville de Montréal sont sous la juridiction exclusive de la ville centre contrôlée par une majorité de suiveux du maire Coderre. Et d’autre part, qu’il existe des mesures d’appaisement de la circulation bien connues qui permettent de sécuriser de telles intersections et de réduire considérablement le risque d’accidents avec les piétons ou les cyclistes (bref de ceux et celles qui ne causent pas préjudices à la ville en s’y déplaçant). Pourquoi la ville centre sous juridiction du maire ne les applique pas comme le fait si bien Luc Ferrandez et son équipe sur les rues résidentielles du Plateau Mont-Royal ?

Je vais vous le dire pourquoi. Parce que Denis Coderre et sa gang, en bons politiciens pupulistes qu’ils sont, ne veulent pas déplaire au monde capitaliste tel qu’il va, et dont la vache sacrée emblématique est le char, symbole de luxe et d’accomplissement (pour une minorité que la majorité venut à tout prix copier, suite à un lavage de cerveau quotidien servi par des budgets de pub faramineux). C’est pour ça qu’ils acceptent que 3 personnes par jour soient blessées par des chars et que la vie d’une cycliste de 24 ans ou d’une piétonne de 66 ans soit sacrifiée environ à toutes les 3 semaines. C’est drette de même qu’il faut voir ça, et pas autrement, comme l’a bien amené Luc Ferrandez au dernier conseil de ville.

À défaut de pouvoir poursuivre au criminel cette administration et son petit pitbull souriant (vous vous imaginez le procès kafkaïen et l’inégalité des moyens financiers ?), on pourrait peut-être commencer dès maintenant à passer le mot qu’on doit absolument s’en débarasser aux prochaines élections. Parce qu’une campage électorale c’est trop court pour contrer la démagogie de « human interest » de ces politiciens professionnels soutenus aveuglément par nos grands médiocres. Mais si on s’y met dès maintenant, qu’on se réseaute et qu’on diffuse ce genre d’info scandaleuse (celle-là et bien d’autres, il y en a tellement…), peut-être qu’on peut créer ici un mouvement du genre « anything but Coderre » (cette pâle copie de Donald Trump)?

Et aussi ne pas avoir peur de signaler dans la foulée qu’il y a à Montréal un parti politique qui s’appelle Projet Montréal, qui fait une criss de bonne job comme parti d’opposition officiel et dans tous les arrondissements où il a le pouvoir d’agir, et que ce serait peut-être le temps qu’on leur donne leur chance de voir ce qu’ils peuvent faire avec la ville au complet. Ne serait-ce que sauver une vingtaine de vies par année

En bonus :

Vivre en Ville écrit :

«Si on conçoit des rues qui incitent à rouler vite, on va y rouler vite. Vous ne pouvez résoudre le problème par l’éducation ou la répression»
– Leah Shahum, directeur de Vision Zero Network

Dans les derniers mois, les collisions graves ou mortelles ont continué de se succéder, suscitant plus ou moins de réaction de la part des médias et des décideurs. Presque systématiquement, le débat a tendance à s’attarder sur les questions de sensibilisation des usagers, ainsi que du respect et de l’application de la Loi… en oubliant de questionner la forme des aménagement.

Contrairement à ce que certains semblent croire, les 3E (Enforcement, Education, Engineering) ne sont pas égaux :
« l’expérience Européenne démontre que des rues qui permettent de contrôler les vitesses et de séparer les usagers les plus vulnérables constituent de loin le facteur le plus important pour prévenir les accidents.»

Nourrir les résistances sous les étoiles et loin de la télé

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Je voudrais vous parler cette semaine d’une formidable initiative qui en est à sa septième saison déjà: le Cinéma sous les étoiles de Funambules Médias. Mais avant, pour mieux en apprécier la valeur, un petit détour par notre bête noire habituelle, les grands médiocres…

Le summum de la désinformation médiatique est souvent atteint par ce qu’on appelle « les nouvelles » à la télévision. On ne peut en effet y dire la vérité car, comme le disait Coluche, « y’a ben trop de monde qui écoutent »… Alors on vous bombarde de clips courts et désordonnés, 2 minutes sur les élections américaines, 1 minute sur le conflit en Syrie, 30 secondes sur le réchauffement climatiques, etc. Et il faudrait être capable, avec ça, de se faire une image juste de notre monde !

Par contre, pour les émotions et le sensationnel, ça on en a pour notre argent : on va vous la montrer, en long et en large, la peine des familles des victimes des attentats en France (parce que les victimes ailleurs qu’en occident, on s’en balance un peu). D’ailleurs si le peuple iraquien est lui aussi victime d’attentats terroristes, l’ennemi ce n’est plus « eux » pris dans leur ensemble (ce qui est si facile à comprendre et accroche si bien le fond xénophobe qui sommeil en nous). Alors ça devient trop compliqué à expliquer en 2 minutes et on laisse faire ces « petits détails »…

Mais en réalité, comme l’écrivait Henri Laborit dans son livre « La société informationnelle. Idées pour l’autogestion » (1973), il faudrait que chaque être humain soit libéré non pas 2 minutes mais bien 2 heures par jour pour parvenir à s’informer véritablement sur le monde complexe dans lequel il est plongé ! S’informer, ça vient de « mettre en forme ». Mettre en forme de nombreux facteurs qui interagissent souvent de manière dynamique pour générer par exemple une situation sociale donnée.

Internet nous permet aujourd’hui, avec un peu de discipline, de mettre en pratique le conseil de Laborit. Dernièrement aussi, j’ai pu constater à quel point les projections de Cinéma sous les étoiles pouvait jouer ce rôle durant l’été, et ce de façon fort agréable. Cinéma sous les étoiles c’est quoi ? C’est plus de 50 projections gratuites de documentaires à caractère social et engagé dans les parcs de nombreux arrondissements de Montréal (et même à quelques endroits à l’extérieur de la ville). Du documentaire sur des enjeux fondamentaux comme la liberté d’expression, le travail, les réfugiés, le racisme, les guerres, les méfaits des multinationales et du capitalisme en général, etc. Bref, tu vas là, tu t’assoies dans l’herbe, et tu te fais raconter une histoire par un.e documentariste, donc quelqu’un qui a fait une recherche et qui porte un regard informé sur une problématique sociale complexe. Tout le contraire d’un clip de journaleux d’un grand médiocre quelconque, quoi.

Et puis après la projection, Funambules Médias invite toujours soit le réalisateur ou la réalisatrice du film, soit quelqu’un d’ici qui connaît bien le sujet pour une discussion avec le public. Heille, un lieu d’échange toé ! T’sais, le genre de chose qui fait peur au pouvoir : des gens qui se réunissent pour parler et réfléchir ensemble ! Un peu comme ce que d’autres essaient de faire avec l’UPop Montréal, une université populaire dans les bars et les cafés de Montréal qui prend en quelque sorte la relève à l’automne et à l’hiver.

Mais pour revenir à la programmation de Cinéma sous les étoiles, j’ai pour ma part eu l’occasion de voir 4 films à date cet été, tous aussi bons les uns que les autres. D’abord au lancement de la saison au parc Laurier le 30 juin dernier avec Mahmud’s Escape qui suivait une famille syrienne en fuite de la guerre dans leur pays jusqu’en Suisse. Un mois de galère avec deux enfants à geler dehors la nuit. Et même, on peut dire qu’eux l’ont eu relativement facile, à l’époque où les frontières étaient encore poreuse. On imagine maintenant…

Et puis il y a eu jeudi passé Callshop Istambul, un peu l’inverse du film précédent, car on voit passer plusieurs réfugiés mais dans un seul lieu, une boutique d’appels téléphoniques d’Istambul, en Turkie. Le lendemain, c’était la tentative de coup d’état par l’armée turque, puis le surlendemain, celui d’Erdogan, réussi celui-là… Des films d’une actualité criante, disions-nous.

Juste pour compléter le tableau de toutes ces histoires dont vous ne verrez pas grand-chose sinon rien à la télé, le film The Ninth Floor sur l’occupation étudiante de l’université Concordia en 1969 pour dénoncer le racisme d’un professeur et la répression policière qui s’ensuivit. Qui a déjà entendu parler de cet épisode marquant de l’histoire des droits civiques au Canada ? Pas moi en tout cas. Jusqu’à ce que je me couche moins cave ce soir-là grâce à Cinéma sous les étoiles.

Et finalement, mon coup de cœur qui fut plutôt un coup de massue dans le front : La Buena Vida, sur une petite communauté autochtone du nord de la Colombie qui se fait déplacer par une grosse multinationale qui opère la deuxième plus grosse mine de charbon à ciel ouvert au monde. Trop gentil et empreint d’une sagesse ancestrale, ces gens négocient de bonne fois avec des crosseurs à cravate qui vont les relocaliser dans un désert avec promesse (non tenue bien sûr) qu’il y aurait suffisamment d’eau pour cultiver. Bref, une communauté qui perd son village dans une forêt luxuriante où ils ne manquaient de rien, leur mode de vie, leur terre, leur histoire, bref tout. Tout pour que quelques occidentaux européens aient de l’électricité à base de charbon, cette méthode passéiste de production d’énergie.

J’ai vu le film avec mon « neveux » de 19 ans. Il était aussi en tabarnak que moi en quittant le parc. Voilà peut-être comment on pourra s’en sortir : en « nourrissant les résistances » (slogan de cette saison de Cinéma sous les étoiles) des jeunes qui se détournent de toute façon de plus en plus de la télévision. Mais encore faudra-t-il leur offrir autre chose que des Pokémon Go…

L’aménagement urbain et le vélo à Montréal : sabotage constant par la ville centre et les grands médiocres au nom de la vache sacrée occidentale (le char)

J’arrive d’un week-end à Toronto. Je ne connais pas l’ensemble des réalisations cyclables de cette ville, leurs bons et leurs mauvais coups. Mais je peux vous dire une chose après m’être promené à vélo un après-midi de temps au centre-ville : à peu près toutes les rues (en tout cas les longues rues est-ouest) ont des bandes cyclables de chaque côté de la rue dans le sens du trafic. À un moment donné je me suis arrêté et je me suis dit : « Comment ils font ? » Et là j’ai allumé : il n’y a pas une criss de place de stationnement sur le côté de toutes ces rues ! Ils les ont toutes enlevées ! C’est pour ça qu’il peut y avoir des bandes cyclables partout, sans risque de se faire ouvrir une porte de char dans face ! Je répète, je vous parle ici de Toronto. La ville de feu Rob… Et avez-vous entendu parler du chaos, de l’économie qui vacille, de l’enfer des automobilistes torontois ? Euh… non ? Moi non plus…

Au même moment était publié par Vélo Québec « l’État du vélo à Montréal en 2015 », un rapport qui nous apprenait que, malgré l’augmentation du nombre de km de liens cyclables en ville, la quantité de cyclistes assidus a diminuée depuis 5 ans. Drôle de paradoxe. Il peut toutefois s’expliquer assez facilement si l’on considère la nature des « liens cyclables » en question, la plupart du temps des bandes cyclables, c’est-à-dire une simple ligne de peinture sur la chaussée entre les autos stationnées et celles qui roulent souvent à 50 km/h juste à côté. Pas de quoi, en effet, pour donner trop le goût aux utilisateurs de Bixi qui avaient pris goût au vélo et s’en étaient acheté un de l’utiliser quotidiennement pour leurs déplacements utilitaires.

Et encore une fois, on constate que le Montréal de Coderre est bel et bien jammé au XXe siècle, alors qu’on aborde la 2e moitié de la 2e décennie du XXIe ! Sans parler de la honte d’être clanché d’aplomb par Toronto dans ce domaine…

6094504_origLe même Coderre, rappelez-vous, qui était venu jouer dans les plates-bandes du Plateau Mont-Royal l’automne dernier en grugeant le parc Laurier et en laissant un ridicule trottoir de 70 cm de large afin de laisser une voie de stationnement le long de la nouvelle piste cyclable élargie sur Brébeuf, au lien simplement d’enlever cette trentaine de places de stationnement. Mais pour cette mascotte populiste qui nous tient lieu de maire, c’était l’occasion d’aller chercher quelques votes réactionnaires tout en faisant chier l’administration Ferrandez, celle qui drive la plupart des innovations en aménagement urbain à Montréal.

Et quand je dis innovations, c’est vraiment à de réelles nouvelles idées auxquelles je pense (sans rien enlever bien sûr au courage politique nécessaire par exemple à toutes les mesures de diminution et d’apaisement de la circulation mises en places depuis 2009).

Luc Ferrandez écrivait par exemple sur sa page Facebook, il y a quelques jours, les deux statuts suivants :

J’aimerais mesurer la faisabilité et l’intérêt d’une idée (un peu folle) pour les rues commerciales de demain. Aujourd’hui on paie pour se stationner mais c’est gratuit pour circuler. Le message envoyé c’est : prenez votre voiture mais ne vous arrêtez pas. Et si on faisait l’inverse ? Paiement pour circuler mais stationnement gratuit. Arrêtez-vous c’est gratuit. De toutes manières vous avez déjà payé en circulant.

ok, ok. J’ai lu tous les commentaires d’hier et je vous propose un modèle amélioré pour la gestion des rues de demain (pas demain dimanche, les susceptibles, demain dans le futur).
Donc on reprend le modèle de base (voir le statut d’hier) et on ajoute les précisions suivantes :
1) le modèle s’applique à toute la ville. Pas juste le Plateau – mais lâchez le, l’estie de Plateau !!!!
2) les covoitureurs (ce qui inclut les familles), les voitures en libre-service et en autopartage ne paient pas.
3) disparition du stationnement sur rue – sur les grandes artères commerciales (on construit des pistes cyclables et des voies réservées et des beaux trottoirs plantés d’arbres à la place). Si bien qu’il y a des vraies alternatives à l’utilisation de la voiture.
4) le stationnement se fait dans des garages souterrains- il est gratuit pour les trois premières heures.
5) le péage (électronique – une seule fois par jour – mettons 4$) rapporte plus d’un milliard par an et le coût des stationnements n’atteint pas la moitié de cette somme si bien qu’on investit en masse dans des vrais TC.
6) Un autre péage – pour les chialeux – de 10$ pas post grognon sur mon mur – aide à financer les écoles et la santé publique et avec la différence c’est soirée cinéma pour tout le monde une fois par mois.

Et puis, quelques jours après, celui-là, plutôt décourageant :

« En fin de semaine vous êtes plusieurs à avoir vu sur ma page facebook que j’ai lancé une idée pour amorcer une discussion sur la ville de demain. (voir les deux statuts concernant cette discussion un peu plus bas sur mon mur). Une journaliste en manque de gloire (Caroline Lévesque du journal 24 heures) me contacte pour me demander d’élaborer. Je l’avise que ce n’est pas un projet; que je n’ai pas le mandat de travailler là-dessus; que je n’ai pas les pouvoirs pour le faire; que ce n’est pas une annonce; que ce serait une faute journalistique grave que de le présenter autrement. Ce n’est qu’une discussion prospective sur l’avenir de la ville. Elle n’a pas pu résister. Elle en a fait une nouvelle – reprise par le Journal de Montréal et TVA – mais en plus en modifiant un petit segment pour éluder la question du stationnement gratuit. Ce matin, les radios commençaient à me téléphoner pour avoir les détails; des centaines de commnetaires haineux fleurissaient dans le journal de Montréal. Voilà pourquoi tous les politiciens finissent par parler la langue de bois.

Et voilà comment les tâcheron.nes de Québécor font la job de salissage d’un des rares politiciens qui n’a pas la langue de bois et essaie honnêtement de penser la ville de demain en soumettant ses idées à la population. T’sé, le genre d’affaire qu’on appelait la « conversation démocratique » et qui a été remplacée par la politique spectacle avec l’appui actif, que dis-je, proactif, de ce journalisme jaune.

Le même Québécor qui, pour finir avec un rire jaune cette fois, a déposé une demande en injonction contre le Journal de Mourréal sans doute jaloux parce que la copie est capable d’imaginer des titres plus sensationnalistes et pathétiques que les siens, ce qui n’est quand même pas une mince affaire…

Youppi Coderre, mascotte populiste à l’assaut de Montréal et puis… ce que vous allez lire ensuite est à s’arracher les cheveux, comme le disent les titres interminables sur Internet !

Ce blogue s’intéresse, comme l’annonce son sous-titre, à la toxicité sociale des grands médias. J’entends par là cette fausse objectivité qui jamais ne mord la main de son maître et qui, par ses insistances à nous faire regarder ailleurs qu’aux racines des maux qui affligent le monde, les perpétue sans cesse. Mais cette désinformation vient avec quelques fidèles avatars, dont la politique spectacle qui s’harmonise parfaitement avec la « mission » de ces grands médiocres.

En attendant le prochain « soap opera », la course à la chefferie du PQ, qui devrait nous exaspérer autant que sa dernière version intitulée, comme on s’en souvient, « Grandeur et déchéance de PKP », il existe à Montréal une mascotte politicienne sur laquelle on peut toujours compter pour animer nos étés même caniculaires, et c’est mon champion préféré, Youpi Coderre!

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Comme c’est l’été et qu’on a autre chose à foutre que de parler de ce triste sire, je serais bref. En trois points, donc, voici les derniers faits saillants de notre clown triste municipal :

 «On commence à se dire que ce n’est pas pour rien que les esquisses de la Ville ne montrent personne dans l’eau», dit Sylvain Ouellet, conseiller municipal de Projet Montréal.

 « En mettant Les Forges dehors, non seulement la Ville démontre qu’elle ne considère pas le patrimoine immatériel, mais elle porte préjudice à ce patrimoine. C’est ça qui est odieux. La Ville aurait pu essayer de trouver des solutions. » » – Monique Provost, Titulaire d’un doctorat en ethnologie et patrimoine de l’Université Laval

  • De toute façon, le patrimoine et tout ce qui est le moindrement beau et sain à Montréal, Coderre s’en contre-câlisse. Un dernier exemple ? Au pied du mont royal, il s’apprête à faire poser 4000 mètres carrés de plastique et de très gros lampadaires (un terrain de soccer à surface synthétique dans le parc Rutherford, sur le site patrimonial du mont Royal !). De nombreuses voix dont Héritage Montréal ont beau s’élever contre ce projet complètement inapproprié pour ce lieu, Denis veut aller de l’avant, dans une logique qu’a parfaitement saisie Christine Gosselin qui écrit :

« À Montréal, on a au coeur de notre île-ville une particularité géographique d’une valeur inestimable, le mont Royal. Les Amis de la Montagne existent pour veiller sur cette richesse que nous partageons, et ils sont catégoriquement contre ce projet. Héritage Montréal existe aussi pour nous protéger contre les mauvaises décisions et les tendances regrettables tentantes du moment. Mais Denis Coderre ne veut rien entendre et il va couvrir Rutherford de 4000 mètres carrés de plastique et y ériger des futs de lumière qui vont complètement dénaturaliser une partie significative de cet espace qui devrait rester naturel. Pourquoi? Parce qu’il a déjà été ministre du sport, je crois, et voici comment il pense : « M’a’ fournir au bon peuple du baseball, des terrains synthétiques et toutes les bébelles qu’il faut pour les éblouir et les garder occupés à faire du sport, ils vont fêter et jouer à la balle pis comme ça y vont être contents pis y vont revoter pour moi. » Du mont Royal, comme d’à peu près tout ce que nous valorisons en commun, il s’en crisse. »

Tout cela, les grands médias en ont parlé ça et là. Mais c’est « l’ensemble de l’oeuvre » de notre mascotte populiste, de plus en plus effrayante lorsqu’on répertorie tous ses faits d’arme, sur laquelle on reste bien silencieux.

Comment les grands médias «manufacturent le consentement» de l’opinion publique, leçon 358

La soi-disant objectivité journalistique des grands médias est bien pratique pour ne pas attirer l’attention du grand public sur les pires exactions des grands criminels à cravates qui tirent les ficelles de nos politiciens marionnettes. La semaine dernière, comme toutes les autres par ailleurs, nous en donne moult exemples.

Ce n’est pas que les grands médias ne donnent pas du tout la parole aux acteurs de la société civile qui dénoncent les abus de pouvoir et les violences étatiques, non. Ils ont généralement droit à leur petit paragraphe, une fois que le grand titre et le chapeau ont bien orienté l’article sur les « faits », c’est-à-dire un événement bien souvent abstrait de toute référence éthique, bien noyé sous les normes implicites, qui sert le statut quo des privilèges éhontés d’une « overclass » qui ne dit pas son nom. Ouf…

Des exemples ? D’abord ceci, publié hier dans le journal Le Monde :

LuxLeaks : prison avec sursis pour les lanceurs d’alerte français

Extrait :

« Dans un silence solennel, devant une salle remplie de supporteurs venus soutenir un frère, un ami, un voisin, ou simplement un lanceur d’alerte, le président du tribunal d’arrondissement du Luxembourg a déclaré, mercredi 29 juin, Antoine Deltour et Raphaël Halet « coupables » de « vol, violation du secret professionnel et du secret des affaires », mais aussi « de fraude informatique, de blanchiment et divulgation du secret des affaires ».

Tous trois étaient poursuivis dans l’affaire dite Luxleaks, qui a éclaté après la révélation de centaines d’accords fiscaux confidentiels passés entre des multinationales et le fisc luxembourgeois. « Cash investigation » avait consacré une émission entière sur le sujet, en 2012. La publication de ces « rescrits fiscaux » par le consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), en 2014, avait ensuite provoqué un vaste scandale qui avait touché jusqu’à Jean-Claude Juncker, l’ancien premier ministre luxembourgeois et actuel président de la Commission européenne. Un an après ces révélations, une directive européenne imposait aux Etats de l’Union de s’échanger de telles informations.

Antoine Deltour, qui va faire appel, comme Raphaël Halet, a aussitôt regretté une décision qui « revient à condamner les avancées réglementaires que les révélations à l’origine de l’affaire “LuxLeaks” ont impulsées. Si vous voyez passer des milliards d’euros qui contournent les règles fiscales de manière douteuse, le tribunal vous enjoint de fermer les yeux et de n’en parler à personne ». Son avocat, Me William Bourdon, a, lui, dénoncé un jugement « contraire à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, et qui exprime la face la plus conservatrice de l’Europe, celle qui n’a qu’une obsession : entendre les intérêts privés plutôt que les citoyens ». »

Bien sûr, on rapporte les propos de l’avocat de Deltour. Mais on cherche une voix journalistique, une voix indépendante, comme celle d’Anne-Marie Voisard qui en connaît un bout sur le sujet (elle travaillait aux Éditions Écosociétés lors des poursuites bâillons de deux minières totalisant 11 millions de dollars contre le livre Noir Canada) et qui commentait l’affaire en ces termes :

« Agir dans l’intérêt général. Contribuer à lever le voile sur des pratiques d’optimisation fiscale douteuses. Voilà qui n’immunise pas, de l’aveu même du tribunal, le lanceur d’alerte contre une condamnation pour vol, fraude informatique et violation du secret professionnel et du secret des affaires. Voilà une « justice » qui ne s’encombre même plus de masquer ses partis pris. »

C’est cette subjectivité responsable et assumée que craignent comme la peste les grands médias. Parce ces mots viennent chercher ce qu’il y a de plus humain en nous. Parce que ces mots montrent le caractère proprement révoltant de l’affaire. Alors que ce qu’on ressent à la suite de l’article du Monde c’est plutôt quelque chose comme « C’est ben plate, c’est ben maudit, mais qu’est-ce tu veux, c’est d’même… ». Et, dans le pire des cas : « Personne n’échappe à la justice… »  Alors que c’est très exactement le contraire ! Quand t’as une belle cravate chère, d’habitude, tu peux très bien échapper à la justice…

Un autre exemple de ces grands titres et de ces expressions que les grands médias nous tartinent à pleine page et qui finissent pour nous rentrer dans le subconscient par le seul fait de la répétition c’est ce « Three Amigos » que l’on voit partout depuis quelques jours pour décrire la rencontre entre Barak Obama, Justin Trudeau et Enrique Peña Nieto, le président du Mexique. Trois amis, donc. C’est beau l’amitié, non ? Qui peut être contre ça, c’est comme la vertu…

N’empêche, il faut se tourner du côté de Telesur, la chaîne latino-américaine non soumises aux diktats de Washington pour lire sur cette rencontre un titre comme :

Mexico Massacred Its Citizens and Nobody Seems to Have Noticed

Et pour nous rappeler pourquoi des événements troublants qui se déroulent actuellement au Mexique et pourquoi Nieto devrait être tenu responsable de telles violations des droits humains par son armée :

« It all began when a group of rural, elementary school teachers closed a highway that runs through the small, mostly indigenous town of Nochixtlán. They were protesting the government´s neo-liberal education reforms and in favour of the release of two top teacher union activists, who had been taken as political prisoners a week earlier.

Instead of negotiating with the protesters, or using limited force to liberate the highway, the federal government decided to violently quash the uprising. Peña Nieto sent hundreds of masked police officers armed with high-powered automatic rifles and tear gas to run off the protesters. In response, the surrounding communities called for reinforcements. Church bells ran, a form of SOS call to the surrounding villages, and hundreds of residents appeared on the scene in support of the peaceful teachers. Although some of the reinforcements did throw rocks and launch fire crackers at the riot police, none of the protesters were armed nor were the lives of law enforcement officials put at risk.

The police acted with desperate vengeance. According to eyewitness accounts, plain clothes police first set fire to buses and cars in order to create the impression of chaos and thereby “justify” the upcoming brutal attack. The uniformed agents then opened fire on the innocent crowd. Nine protesters were killed, dozens wounded and many others arbitrarily arrested by law enforcement, who grabbed anyone they could get their hands on. Amid the chaos, the police even interrupted a family funeral taking place in the town cemetery to haul off to jail dozens of the attendees who had no connection to the protests.”

3 amigos

Chose certaine, ce n’est pas notre cher ex-médecin du régime archi-répressif d’Arabie Saoudite et accessoirement premier ministre du Québec, Philippe Couillard, qui va confronter Nieto là-dessus. Comme il l’a affirmé sur toutes les tribunes lors du passage de Nieto à Québec en début de semaine, « le Mexique va dans la bonne direction ». Considérant les nombreux profs tués récemment par l’armée mexicaine, ça promet pour le Québec !

Et quand un organisme sérieux comme Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL) veut faire la job, il se voit tout simplement écarté de la seule tribune lui permettant de s’adresser directement à Nieto. Ça se passait lundi dernier et le journal Le Soleil, de Québec, titrait, en mettant en valeur comme d’habitude le point de vue du pouvoir :

Pas de censure politique au déjeuner causerie, jure la Chambre de commerce

Extrait :

«  La Chambre de commerce et d’industrie de Québec jure que ce n’est pas pour des raisons politiques que des membres du Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL) se sont vu refuser lundi l’entrée au déjeuner-causerie avec le président mexicain Enrique Peña Nieto.

Huit membres du CDHAL, qui avaient acheté leurs billets mercredi sur le site de la Chambre de commerce et obtenu une confirmation avec la procédure pour assister à l’événement, se sont vu indiquer dimanche en soirée que leurs inscriptions étaient annulées faute de places disponibles.

Selon la coordonnatrice Marie-Ève Marleau, le fait que son organisme soit très critique envers l’administration d’Enrique Peña Nieto et qu’il dénonce régulièrement les violations des droits humains au Mexique a sûrement joué un rôle dans la décision. »

C’est ce parti pris subtil mais constant pour le pouvoir en place, celui de l’argent, fort éloigné de tout idéal démocratique réel, que met en scène jour après jour les grands médias dans les grands titres, dans les expressions utilisées, dans le point de vue présenté en premier, dans le cri du cœur révolté à juste titre devant tant d’injustice relégué par le journaliste comme un simple « point de vue », souvent à la fin de l’article, plutôt que d’en faire l’angle principal de l’article qu’appellerait une responsabilité subjective engagée dans notre époque, la seule position journalistique défendable.

La mission des grands médias : formater la pensée d’abord, informer (un peu) ensuite, empêcher de faire des liens toujours

Un ami qui travaille dans le logiciel libre me disait récemment, sourire en coin, qu’un téléphone cellulaire, c’est d’abord un appareil permettant à la NSA de savoir ce que tu penses et où tu te trouves, ensuite un truc avec plein de gadgets pour bien t’accrocher, et accessoirement un outil pour faire des appels téléphoniques.

Un peu de la même façon, je dirais que les grands médias sont d’abord un outil de propagande pour formater la pensée et accessoirement une façon de diffuser quelques informations bien sorties de leur contexte, histoire de s’assurer qu’on fera un minimum de liens qui pourraient nous donner une idée de la « big picture », du système qui maintient arbitrairement l’esclavage salarié pour la majorité et l’oisiveté surpayé pour une minorité.

On en a eu un bel exemple récemment avec la couverture de l’attentat d’Orlando dans la grosse Presse aux Desmarais. Plus précisément avec l’incident montréalais lors d’une cérémonie en mémoire des victimes d’Orlando où Esteban Torres a lancé une boule de papier sur Philippe Couillard. Ce « jeune homme révolté, près de l’extrême gauche montréalaise », comme l’expliquait la même grosse Presse, était aussi, faut-il le rappeler, très impliqué dans la communauté LGBTQ, militant au sein du Pink Block, un groupe de pression anticapitaliste queer et féministe, et pour l’assouplissement des procédures entourant le changement de sexe.

Or quelqu’un a eu la bonne idée de mettre en perspective cet incident mineur avec un autre attentat, meurtrier celui-là, qui eut lieu ici même dans notre beau Québec… Le montage parle de lui-même :

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Dans les jours qui ont suivi, voyant un autre article de Radio-Canada intitulé cette fois L’assaillant du premier ministre sera accusé de voies de fait armées, Sophie-Anne Legendre a posé une estie d’bonne question :

« Une boulette de papier, pis le gars est accusé de « voies de fait armées »! On va l’accuser de quoi alors Couillard pour le saccage du système d’éducation, du système de santé et l’autorisation de fracturation hydraulique en Gaspésie/Anticosti? Hein, de quoi, crime contre l’humanité?? »

Parlant de Couillard, ça nous ramène directement à l’histoire des pitbulls (remarquez la transition naturelle…) et à ce succulent texte de Marc-André Cyr intitulé « Les sales bêtes » qui n’est pas sans rappeler feu le Cercle de zoologie Winston-Smith. En voici un extrait :

« Mais les sales bêtes portent désormais le complet cravate. Voyez les châteaux qu’elles habitent. Voyez ce qu’elles font à l’Afrique. Voyez les «veines ouvertes de l’Amérique latine». Voyez la bombe atomique. Voyez le Nicaragua, le Chili et le Guatemala. Voyez ce qu’elles font en Palestine, en Irak et en Afghanistan.

Voyez surtout les monuments élevés à leur mémoire. Voyez Thatcher. Voyez Kennedy. Voyez les médailles d’honneur. Voyez Kissinger. Voyez Netanyahou. Voyez monsieur le boucher, sa photo orne les billets qu’on ne peut dépenser…  Ces sales bêtes nous tiennent en laisse. […]

Il suffit cependant de traiter une sale bête de sale bête pour comprendre pourquoi elle est une sale bête. Lorsqu’elle a peur, elle se met à zigner avec élégance les jupons dépassant des jupes journalistiques. «Le premier ministre agressé». «Le SPVM a dû intervenir». «Nouvelles mesures de sécurité». «Les perturbations nuisent à l’économie». «La population est prise en otage». »

Cela nous ramène cette fois à nos chers grands médiocres et à leurs titres tendancieux quand ce n’est pas simplement mensongers. Des mensonges par omission, bien souvent. Comme « oublier » de parler de terrorisme quand celui-ci est l’œuvre d’un nationaliste d’extrême droite et pas d’un musulman. C’est en effet pas mal ce qui s’est passé dans les grands médias suite à l’assassinat de la politicienne britannique pro-palestinienne Jo Coz le 16 juin dernier, une tragédie qui a fait dire à Juliet Samuel : It’s time to call the killing of Jo Cox what it is: ‘an act of far-Right terrorism’

« Since the shocking murder of Jo Cox, Britain has been trying to process this horrible event. The killing of a serving MP who had so much to contribute to our democracy has triggered a national period of sorrow, sobriety and reflection. […]

The Quilliam Foundation, one of Britain’s foremost anti-extremism think tanks, has been the first major organisation to call this dreadful event by its name: an act of nationalist far-Right terrorism. »

Pour ne pas vous laisser sur cette sombre perspective, une petite devinette pour terminer : savez-vous la différence entre un laquais du grand capital et un chercheur d’un institut progressiste ? Non ? C’est très exactement 877 millions de dollars !

Francis Vailles, dans sa chronique de La Presse, écrit en effet que le gel de la rémunération des médecins permettrait d’éviter la moitié (123M$) des compressions actuelles dans le système de santé. L’IRIS démontre par ailleurs dans une étude récente que si on baissait de 12% la rémunération des médecins pour se rapprocher de la rémunération des médecins ontariens qui a servi longtemps de cible, on épargnerait 1 milliard. Donc, non seulement on éviterait les compressions actuelles, on pourrait commencer à réinvestir pour vrai, précise Guillaume Hébert, de l’IRIS.

 

Ces environnements qui nous empoisonnent l’existence au nom du cash

L’actualité récente nous offre l’occasion de réfléchir un peu sur l’influence de l’environnement sur les comportements humains. Comment un environnement malsain peut être nocif et même mortel pour bien des êtres humains. Et comment transformer cet environnement peut amener plus de bien être et de sécurité pour la majorité des gens. Bien sûr, les grands médiocres ne seront pas d’une aide tellement précieuse dans ce domaine, nous empêchant constamment de penser le fond des problèmes, trop occupé qu’ils sont dans le sensasionnalisme qui fait vendre de la copie, et donc de la pub.

Le premier exemple est bien sûr la tuerie d’Orlando. L’environnement ici, ce sont les guns accessibles comme une pointe de piz à la pizzéria du coin. C’est culturel, diront certains. Mais derrière cette culutre, y’a un lobby hyper-puissant qui fait obstruction à toute loi sur un contrôle plus sévère des armes à feu pour continuer de s’enrichir sur la vie (et surtout la mort) d’innocentes victimes.

Ces quatre images illustrent bien le problème et les changements qui doivent absolument être faits dans l’environnement légal de l’Oncle Sam :

Photo de Valérie Gaudreau.
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Photo de Mark Feeney.
Photo de Boing Boing.

Pour mieux comprendre l’efficacité d’une telle législation, voici un succulent topo de Jon Stuwart et John Oliver réaisé il y a quelques années, sur une comparaison pour le moins éclairante avec une loi sur le contrôle des armes passée en Australie vers la fin des années ’90. Et manquez pas le puch final : plus con que ce lobbyiste des armes à feu, tu te tires pas dans le pied, mais dans la tête…

Toujours dans les gros lobby qui ont du sang sur les mains, celui du pétrole et du vroum-vroum est pas mal non plus… La Convergence des luttes anti-capitalistes publiait d’ailleurs le 11 juin dernier à l’occasion du Grand Prix de Montréal un communiqué intitulé Pollution, sexisme et surconsommation : dehors le Grand Prix ! | Convergence des luttes…
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« Comme en 2012 et 2013, nous voulons dénoncer cette foire grotesque du gros cash qui est le symbole par excellence du turbocapitalisme, système à la source de la concentration de la richesse, des inégalités, des crises économiques, écologiques, politiques et sociales partout sur la planète. […]

Nous voulons rappeler aux promoteurs capitalistes et aux amateurs de bolides rutilants que la ville appartient avant tout à ceux et celles qui l’habitent. Les gens de Montréal, le monde ordinaire, n’en tirent rien d’autre que de la pollution atmosphérique et sonore, des rues engorgées partout et un centre-ville envahi par des touristes arrogants ! »

 

Cet extrait mettait on ne peut mieux le doigt sur l’un des aspects les plus révoltant de cette mascarade mortifère dans laquelle nos grands médiocres et notre mollusque de maire embarquent à pieds joints : la sécurité de nos rues qui devraient être avant tout un milieu de vie mais qui sont encore trop souvent des tuyaux à faire passer des chars. Et malgré les efforts notables de quelques administrations d’arrondissement de Projet Montréal, le Plateau en tête, peu de mesure d’appaisement de la circulation sont encore appliquées à Montréal où environ 5 piétons par jour se font rentrer dedans par des chars (dont le nombre augmente toujours de plusieurs milliers par année sur l’île de Montréal !). Et malgré aussi que l’on sait, des dizaines d’études à l’appui, que c’est en modifiant l’environnement physique des rues (trottoirs en saillies, etc.) que l’on protège réellement les piétons (et pas avec de soi-disant mesure de prévention ou de sensibilisation quand nos rues demeurent de large corridors s’apparentant au circuit Gilles Villeneuve).

Et les conséquence néfastes sont multiples, dont le manque d’exercice de nos enfants. On apprenait en effet il y a quelques jours que seulement 30% des enfants vont aujourd’hui à l’école à pied. Il y a quelques décennies, c’était 70%. C’est pour ça qu’à Laval des gens réclament juste des trottoirs. On part de loin en estie…

Tout ça, au fond, pour que l’économie roule, et qu’elle nous roule sur le corps par le fait même :
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« According to Quartz, data from the American Psychology Association shows that 75% of American workers believe their bosses are a major cause of stress at work. However, 59% of them would not leave the job. »

Les conditions environnementales parfaites, une fois de plus, pour être en parfaite inhibition de l’action, mettre son système immunitaire kaput, et se ramasser avec toutes les pathologies imaginables. Voir la magistrale démonstration de tout ça par Henri Laborit dans Mon oncle d’Amérique (au http://www.elogedelasuite.net/?page_id=393) ou dans différents articles au http://www.elogedelasuite.net/?cat=44

Et puis ils ont oublié un dernier et 3e points dans leurs « stratégies » à la fin:
3- pulvériser le capitalisme et toutes les hiérarchies de pouvoir qui viennent avec et tuent à petit feu une majorité de gens…

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Une chance qu’en France, on lâche rien. Et c’est pas les grands médiocres d’ici qui vont insister sur ces mobilisations monstre qui ne dérougissent pas.

« Contrairement au discours officiel du gouvernement sur l’essoufflement, la manifestation du mardi 14 juin était loin d’être le dernier baroud d’honneur d’une CGT marginalisée. C’est au contraire la plus forte mobilisation depuis le début du mouvement, cortège autonome compris. Le devenir de la loi El Khomri se repose avec acuité. »

Et pour se faire plaisir en terminant (car c’est important pour être en bonne santé…) ce coup de gueule d’Olivier Besancenot concernant l’affaire Air France, les licenciements et la précarité.

Le cocktail politiquement toxique de la télé, de la banlieue, du char et du divertissement organisé

Dans Le Devoir du 10 juin dernier, Yvon Rivard y allait d’un constat d’impuissance intitulé À fonds perdu qui l’amenait à se poser bien des questions :

 » La question que je me pose depuis des années et qui resurgit violemment ce matin est la suivante : comment se fait-il que le Québec des cinquante dernières années ait développé tant de compétences dans tous les domaines (artistiques, intellectuels, économiques, etc.), ait favorisé l’émergence d’une véritable conscience sociale, écologique, féministe, et que tout cela aboutisse à tant de médiocrité politique et morale ? Se peut-il que tout ce travail, tout ce dévouement ait été fait à fonds perdu ? Qu’est-ce qui manque au Québec pour qu’il puisse retenir et faire fructifier ce qui s’y fait de mieux, depuis le début de ce pays ? Quel est ce fonds qui lui fait défaut ? Vadeboncoeur disait, dans La ligne du risque, et dirait encore, je crois, qu’il manque d’infini. »

Je vais répondre à la question de M. Rivard. Ouais, je vais faire ça, moé. Peut-être avec moins de style. Mais avec moins de points d’interrogation aussi. Parce que l’inculture généralisée des québécois.es (et de bien d’autres peuples, en passant) dont il parle sans la nommer (ou la voir) ne vient pas de nulle part. Moé chus né les deux pieds dedans, fait que je sais d’où elle vient. Elle vient de la télé, de la banlieue, du char, du divertissement organisé, de toute ces choses qui vont si bien ensemble et sont tellement omniprésentes qu’on ne les voient plus. Et pourtant, elles rentrent dans notre système nerveux, insidieusement. Les compétences intellectuelles ou artistiques dont parle Rivard, et dans lesquelles une minorité de québécois.es finissent par baigner (quand les hasards de la vie ou de tes géniteurs te font tomber dans la civilisation, i.e. dans quelques quartiers centraux de Montréal (ok, je caricature, criez au meurtre, bonnes consciences vertueuses ! ;-P ), eh bien ces « compétences » ne sont pas celle du 50% d’illétré.es fonctionnel.les au Québec. Et comme les grands médiocres désinforment plus qu’ils n’éduquent et que l’éducation scolaire est bien sûr toujours coupée par les barbares à cravates au pouvoir, il me semble que le « mystère » soulevé ici par M. Rivard s’éclaire par mal de lui-même. Et que pour se questionner sur l’infini, faudrait d’abord avoir un peuple éduqué et politisé. Et pour ça, faut voir les freins énormes et systémiques à cette éducation et à cette politisation. Et donc y faut agir là-dessus le plus possible, en ayant un souci constant de diffusion des connaissances. Et tout le monde peut participer à ça à sa façon. Moué j’fais www.lecerveau.mcgill.ca, www.elogedelasuite.net, des films, et je participe à l’université populaire www.upopmontreal.com et au portail de médias indépendants www.infos.media . C’est ma petite goutte dans l’océan infini de tout ce qu’il y a à faire pour tout le monde. Mais on peut tous et toute faire de quoi. Y’en en vraiment pour tous les goût et pour toutes les… compétences !

Le lendemain de ma tirade spontanée à deux cennes, le professeur de philosophie Alexandre Cloutier y allait lui aussi, toujours dans le même journal, de ses propositions Pour sortir du trou et libérer les forces qui dorment en nous.

Les 3 points proposés dans ce texte ne sont pas mauvais, loin de là :

1. Tous les membres de l’Assemblée législative seront élus par tirage au sort grâce à une procédure et à des critères comparables à ceux déjà employés pour sélectionner les jurés. 2. Tous les membres du gouvernement seront élus au suffrage universel. 3. Tous les élus seront révocables en tout temps.

Mais comme le texte d’Yvon Rivard auquel il tente de répondre, je crois que monsieur Cloutier, qui comme bien des philosophes tente de saisir les problèmes de nos « démocrties » en regardant du côté des Athéniens, confond peut-être niveau d’éduation et connaissances techniques qui n’aident pas vraiment à penser le politique… Et surtout, il minimise (passe complètement sous silence en fait) les moyens immensément puissants de désinformation et d’aliénation des esprits par les médias et la désinformation de masse d’aujourd’hui. C’est l’éléphant dans la pièce dont j’ai essayé de rappeler l’existence dans ma petite tirade ci-haut. Mes références ne sont peut-être pas athéniennes mais maskoutaines, et mon expérience de terrain celle d’un p’tit con plutôt que d’un Platon, mais je ne suis pas certains que ce soit un handicap sur le monde actuel qui nous intéresse ici…

 * * *

Un monde où les journaleux ne manque pas « d’humour » (ou de neurones ?). Dans un article intitulé Ces Canadiens invités à la rencontre du groupe Bilderberg et publié dans vendredi dernier sur le site web de Radio-Canada, Bahador Zabihiyan écrit :

« Qu’ont en commun l’astronaute Chris Hadfield, le ministre des Finances Bill Morneau, la présidente des librairies Indigo Heather Reisman et le scientifique montréalais Yoshua Bengio? Ils sont les quatre Canadiens invités à participer à la réunion du groupe Bilderberg, en Allemagne. Une rencontre qui alimente les théories du complot.

Le groupe Bilderberg réunit tous les ans des décideurs mondiaux qui y discutent à huis clos des grands enjeux de la planète. L’hôtel dans lequel se déroule la rencontre, situé à Dresde, est bouclé par les forces de l’ordre, car plusieurs ministres, de grands banquiers ou d’anciens hauts responsables politiques sont présents. »

Les rencontres Bilderberg hypersecrètes et sélectives alimenteraient les théories du compot ! Hon. Dis-moi pas. S’ils les faisaient ouvertes au grand public leur réunion, penses-tu qu’elle « alimenterait les théories du complot », ducon ? Du reste, au risque de me prendre une étampe de complotiste dans le front, je ne crois pas qu’ils vont là pour échanger leurs recettes de grand-mère…

Et puis tiens, en terminant, une belle photo de famille pour résumer tout ça :

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L’appui indécent des grands médias à l’establishment

Les primaires américaines ont été l’occasion de constater l’appui indécent des grands médias à l’establishment, en l’occurrence ici à Trump et à Clinton. Et dans le cas de Clinton c’était encore plus évident et révoltant. On n’a qu’à penser à je ne sais plus combien d’immenses ressemblements de dizaines et de dizaines de milliers de personnes venues appuyer Bernis Sanders qui sont systématiquement passé sous le radar des grands médiocres amerloques et de leurs pâles copies canadiennes.

La partialité complice des grands médiocres, qui a atteint son paroxyme lundi, la veille de la primaire californienne, a été probablement le mieux résumé par Glenn Greenwald dans un article de The Intercept intitulé « Perfect End to Democratic Primary: Anonymous Superdelegates Declare Winner Through Media » et où il écrivait

« This is the perfect symbolic ending to the Democratic Party primary. The nomination is consecrated by a media organization, on a day when nobody voted, based on secret discussions with anonymous establishment insiders and donors whose identity the media organization – incredibly – conceals. The decisive edifice of super-delegates is itself anti-democratic and inherently corrupt: designed to prevent actual voters from making choices that the party establishment dislikes. But for a party run by insiders and funded by corporate interests, it’s only fitting that their nomination process ends with such an ignominious, awkward and undemocratic sputter. »

Cela dit, comme Kiran Opal le soulignait ici de belle façon :

Bref, Sanders est une étape. Pas pire étape quand même.

Photo de Robert Reich.

Et il faut la souligner comme le fait le texte ci-dessous de Robert Reich :

The only thing I can think of doing this morning is to write a public note to my friend, Bernie Sanders:

Dear Bernie:

I don’t know what you’re going to do from here on, and I’m not going to advise you. You’ve earned the right to figure out the next steps for your campaign and the movement you have launched.

But let me tell you this: You’ve already succeeded.

At the start they labeled you a “fringe” candidate – a 74-year-old, political Independent, Jewish, self-described democratic socialist, who stood zero chance against the Democratic political establishment, the mainstream media, and the moneyed interests.

Then you won 22 states.

And in almost every state – even in those you lost — you won vast majorities of voters under 30, including a majority of young women and Latinos. And most voters under 45.

You have helped shape the next generation.

You’ve done it without SuperPACs or big money from corporations, Wall Street, and billionaires. You did it with small contributions from millions of us. You’ve shown it can be done without selling your soul or compromising your conviction.

You’ve also inspired millions to get involved in politics — and to fight the most important and basic of all fights on which all else depends: to reclaim our economy and democracy from the moneyed interests.

Your message – about the necessity of single-payer healthcare, free tuition at public universities, a $15 minimum wage, busting up the biggest Wall Street banks, taxing the financial speculation, expanding Social Security, imposing a tax on carbon, and getting big money out of politics – will shape the progressive agenda from here on.

Your courage in taking on the political establishment has emboldened millions of us to stand up and demand our voices be heard.

Regardless of what you decide to do now, you have ignited a movement that will fight onward. We will fight to put more progressives into the House and Senate. We will fight at the state level. We will organize for the 2020 presidential election.

We will not succumb to cynicism. We are in it for the long haul. We will never give up.

Thank you, Bernie.

Bob

* * *

Mais on reste avec deux mauvaises nouvelles. La première c’est qu’un fou furieux se veut être président de l’Empire. La seconde c’est que pour l’arrêter faudra probablement que les amerloques appuient une racaille d’une hypocrisie sans nom.

Ainsi, en France par exemple :
« Les plus grands magazines français, l’Express, l’Obs, le Point, Paris Match, appartiennent tous à des milliardaires, dont certains vivent de commandes de l’État et sont proches des pouvoirs. Parmi eux, Vincent Bolloré, l’homme qui a prêté son yacht, le Paloma, à Nicolas Sarkozy juste après l’élection présidentielle de 2007. Bolloré est aujourd’hui à la tête d’un groupe diversifié qui fait aussi bien dans la voiture électrique, le commerce en Afrique ou dans les médias. Vincent Bolloré est devenu le premier actionnaire de Vivendi, en a pris la présidence du conseil de surveillance, avec elle celle de Canal Plus. Dès sont arrivée, il ne s’est pas privé de mettre son nez dans les programmes et a renouvelé quasiment toutes les directions. Les Guignols sont passés en crypté, avant une mort prochaine. Des têtes tombent ou vont tomber, comme celle de Patrick Menais, le M. Zapping, coupable d’avoir passé des extraits d’une enquête sur l’évasion fiscale du Crédit mutuel, diffusée sur France3 après avoir été interdite sur Canal Plus. Le magazine Spécial Investigation voit également nombre de ses sujets retoqués. Aujourd’hui, comme le dit Michel Diard, ex-secrétaire général du SNJ-CGT, ce sont « les milliardaires (qui) vous informent » »
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Lundi le 6 juin 2016

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