L’aménagement urbain et le vélo à Montréal : sabotage constant par la ville centre et les grands médiocres au nom de la vache sacrée occidentale (le char)

J’arrive d’un week-end à Toronto. Je ne connais pas l’ensemble des réalisations cyclables de cette ville, leurs bons et leurs mauvais coups. Mais je peux vous dire une chose après m’être promené à vélo un après-midi de temps au centre-ville : à peu près toutes les rues (en tout cas les longues rues est-ouest) ont des bandes cyclables de chaque côté de la rue dans le sens du trafic. À un moment donné je me suis arrêté et je me suis dit : « Comment ils font ? » Et là j’ai allumé : il n’y a pas une criss de place de stationnement sur le côté de toutes ces rues ! Ils les ont toutes enlevées ! C’est pour ça qu’il peut y avoir des bandes cyclables partout, sans risque de se faire ouvrir une porte de char dans face ! Je répète, je vous parle ici de Toronto. La ville de feu Rob… Et avez-vous entendu parler du chaos, de l’économie qui vacille, de l’enfer des automobilistes torontois ? Euh… non ? Moi non plus…

Au même moment était publié par Vélo Québec « l’État du vélo à Montréal en 2015 », un rapport qui nous apprenait que, malgré l’augmentation du nombre de km de liens cyclables en ville, la quantité de cyclistes assidus a diminuée depuis 5 ans. Drôle de paradoxe. Il peut toutefois s’expliquer assez facilement si l’on considère la nature des « liens cyclables » en question, la plupart du temps des bandes cyclables, c’est-à-dire une simple ligne de peinture sur la chaussée entre les autos stationnées et celles qui roulent souvent à 50 km/h juste à côté. Pas de quoi, en effet, pour donner trop le goût aux utilisateurs de Bixi qui avaient pris goût au vélo et s’en étaient acheté un de l’utiliser quotidiennement pour leurs déplacements utilitaires.

Et encore une fois, on constate que le Montréal de Coderre est bel et bien jammé au XXe siècle, alors qu’on aborde la 2e moitié de la 2e décennie du XXIe ! Sans parler de la honte d’être clanché d’aplomb par Toronto dans ce domaine…

6094504_origLe même Coderre, rappelez-vous, qui était venu jouer dans les plates-bandes du Plateau Mont-Royal l’automne dernier en grugeant le parc Laurier et en laissant un ridicule trottoir de 70 cm de large afin de laisser une voie de stationnement le long de la nouvelle piste cyclable élargie sur Brébeuf, au lien simplement d’enlever cette trentaine de places de stationnement. Mais pour cette mascotte populiste qui nous tient lieu de maire, c’était l’occasion d’aller chercher quelques votes réactionnaires tout en faisant chier l’administration Ferrandez, celle qui drive la plupart des innovations en aménagement urbain à Montréal.

Et quand je dis innovations, c’est vraiment à de réelles nouvelles idées auxquelles je pense (sans rien enlever bien sûr au courage politique nécessaire par exemple à toutes les mesures de diminution et d’apaisement de la circulation mises en places depuis 2009).

Luc Ferrandez écrivait par exemple sur sa page Facebook, il y a quelques jours, les deux statuts suivants :

J’aimerais mesurer la faisabilité et l’intérêt d’une idée (un peu folle) pour les rues commerciales de demain. Aujourd’hui on paie pour se stationner mais c’est gratuit pour circuler. Le message envoyé c’est : prenez votre voiture mais ne vous arrêtez pas. Et si on faisait l’inverse ? Paiement pour circuler mais stationnement gratuit. Arrêtez-vous c’est gratuit. De toutes manières vous avez déjà payé en circulant.

ok, ok. J’ai lu tous les commentaires d’hier et je vous propose un modèle amélioré pour la gestion des rues de demain (pas demain dimanche, les susceptibles, demain dans le futur).
Donc on reprend le modèle de base (voir le statut d’hier) et on ajoute les précisions suivantes :
1) le modèle s’applique à toute la ville. Pas juste le Plateau – mais lâchez le, l’estie de Plateau !!!!
2) les covoitureurs (ce qui inclut les familles), les voitures en libre-service et en autopartage ne paient pas.
3) disparition du stationnement sur rue – sur les grandes artères commerciales (on construit des pistes cyclables et des voies réservées et des beaux trottoirs plantés d’arbres à la place). Si bien qu’il y a des vraies alternatives à l’utilisation de la voiture.
4) le stationnement se fait dans des garages souterrains- il est gratuit pour les trois premières heures.
5) le péage (électronique – une seule fois par jour – mettons 4$) rapporte plus d’un milliard par an et le coût des stationnements n’atteint pas la moitié de cette somme si bien qu’on investit en masse dans des vrais TC.
6) Un autre péage – pour les chialeux – de 10$ pas post grognon sur mon mur – aide à financer les écoles et la santé publique et avec la différence c’est soirée cinéma pour tout le monde une fois par mois.

Et puis, quelques jours après, celui-là, plutôt décourageant :

« En fin de semaine vous êtes plusieurs à avoir vu sur ma page facebook que j’ai lancé une idée pour amorcer une discussion sur la ville de demain. (voir les deux statuts concernant cette discussion un peu plus bas sur mon mur). Une journaliste en manque de gloire (Caroline Lévesque du journal 24 heures) me contacte pour me demander d’élaborer. Je l’avise que ce n’est pas un projet; que je n’ai pas le mandat de travailler là-dessus; que je n’ai pas les pouvoirs pour le faire; que ce n’est pas une annonce; que ce serait une faute journalistique grave que de le présenter autrement. Ce n’est qu’une discussion prospective sur l’avenir de la ville. Elle n’a pas pu résister. Elle en a fait une nouvelle – reprise par le Journal de Montréal et TVA – mais en plus en modifiant un petit segment pour éluder la question du stationnement gratuit. Ce matin, les radios commençaient à me téléphoner pour avoir les détails; des centaines de commnetaires haineux fleurissaient dans le journal de Montréal. Voilà pourquoi tous les politiciens finissent par parler la langue de bois.

Et voilà comment les tâcheron.nes de Québécor font la job de salissage d’un des rares politiciens qui n’a pas la langue de bois et essaie honnêtement de penser la ville de demain en soumettant ses idées à la population. T’sé, le genre d’affaire qu’on appelait la « conversation démocratique » et qui a été remplacée par la politique spectacle avec l’appui actif, que dis-je, proactif, de ce journalisme jaune.

Le même Québécor qui, pour finir avec un rire jaune cette fois, a déposé une demande en injonction contre le Journal de Mourréal sans doute jaloux parce que la copie est capable d’imaginer des titres plus sensationnalistes et pathétiques que les siens, ce qui n’est quand même pas une mince affaire…

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