De sacrifices humains et autres petits dommages collatéraux de la politique politicenne

14021568_10154269732745708_8773087801715404850_nIl y a longtemps, des peuples primitifs sacrifiaient d’innocentes victimes pour plaire aux dieux et tenter d’éviter les épidémies, les tempêtes et autres fléaux naturels dont ils ne comprenaient pas l’origine. Les temps ont bien changé, me direz-vous, avec les Lumières, les progrès de la science et Charles Tisseyre… Mais ont-ils tant changé que ça ? N’y aurait-il pas encore quelques grands prêtres imbus de pouvoir, pas si ignorant que ça des causes réelles des maux qui nous affligent, mais d’un narcissisme et d’une cupidité sans nom qui leur permet d’accréditer même de nos jours les pratiques barbares des sacrifices humains ?

Si je pose la question, c’est bien sûr parce que la réponse est oui (et je ne suis pas le seul). Et je peux même vous donner un exemple : le maire de Montréal. D’accord, l’accusation est grave et demande quelques faits pour l’appuyer. En voici. À Montréal, comme le montre bien les cartes produites par le Dr. Patrick Morency de la Direction de la santé publique de Montréal, la plupart des piétons et des cyclistes blessés ou tués par des automobilistes (car c’est bien le type de sacrifices humains dont on parle ici) le sont aux intersections des grandes artères comme Papineau, St-Denis, Du Parc, Sherbrooke, etc. (je prends l’exemple du Plateau où j’habite).

Or il importe de rappeler deux choses ici. D’une part, que les rues dites artérielles de la ville de Montréal sont sous la juridiction exclusive de la ville centre contrôlée par une majorité de suiveux du maire Coderre. Et d’autre part, qu’il existe des mesures d’appaisement de la circulation bien connues qui permettent de sécuriser de telles intersections et de réduire considérablement le risque d’accidents avec les piétons ou les cyclistes (bref de ceux et celles qui ne causent pas préjudices à la ville en s’y déplaçant). Pourquoi la ville centre sous juridiction du maire ne les applique pas comme le fait si bien Luc Ferrandez et son équipe sur les rues résidentielles du Plateau Mont-Royal ?

Je vais vous le dire pourquoi. Parce que Denis Coderre et sa gang, en bons politiciens pupulistes qu’ils sont, ne veulent pas déplaire au monde capitaliste tel qu’il va, et dont la vache sacrée emblématique est le char, symbole de luxe et d’accomplissement (pour une minorité que la majorité venut à tout prix copier, suite à un lavage de cerveau quotidien servi par des budgets de pub faramineux). C’est pour ça qu’ils acceptent que 3 personnes par jour soient blessées par des chars et que la vie d’une cycliste de 24 ans ou d’une piétonne de 66 ans soit sacrifiée environ à toutes les 3 semaines. C’est drette de même qu’il faut voir ça, et pas autrement, comme l’a bien amené Luc Ferrandez au dernier conseil de ville.

À défaut de pouvoir poursuivre au criminel cette administration et son petit pitbull souriant (vous vous imaginez le procès kafkaïen et l’inégalité des moyens financiers ?), on pourrait peut-être commencer dès maintenant à passer le mot qu’on doit absolument s’en débarasser aux prochaines élections. Parce qu’une campage électorale c’est trop court pour contrer la démagogie de « human interest » de ces politiciens professionnels soutenus aveuglément par nos grands médiocres. Mais si on s’y met dès maintenant, qu’on se réseaute et qu’on diffuse ce genre d’info scandaleuse (celle-là et bien d’autres, il y en a tellement…), peut-être qu’on peut créer ici un mouvement du genre « anything but Coderre » (cette pâle copie de Donald Trump)?

Et aussi ne pas avoir peur de signaler dans la foulée qu’il y a à Montréal un parti politique qui s’appelle Projet Montréal, qui fait une criss de bonne job comme parti d’opposition officiel et dans tous les arrondissements où il a le pouvoir d’agir, et que ce serait peut-être le temps qu’on leur donne leur chance de voir ce qu’ils peuvent faire avec la ville au complet. Ne serait-ce que sauver une vingtaine de vies par année

En bonus :

Vivre en Ville écrit :

«Si on conçoit des rues qui incitent à rouler vite, on va y rouler vite. Vous ne pouvez résoudre le problème par l’éducation ou la répression»
– Leah Shahum, directeur de Vision Zero Network

Dans les derniers mois, les collisions graves ou mortelles ont continué de se succéder, suscitant plus ou moins de réaction de la part des médias et des décideurs. Presque systématiquement, le débat a tendance à s’attarder sur les questions de sensibilisation des usagers, ainsi que du respect et de l’application de la Loi… en oubliant de questionner la forme des aménagement.

Contrairement à ce que certains semblent croire, les 3E (Enforcement, Education, Engineering) ne sont pas égaux :
« l’expérience Européenne démontre que des rues qui permettent de contrôler les vitesses et de séparer les usagers les plus vulnérables constituent de loin le facteur le plus important pour prévenir les accidents.»

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